Escadron Blada - Le Blog en français pour les pilotes de X-wing!

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Les biais cognitifs

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Les biais cognitifs: 

Nous allons voir comment les neurosciences peuvent s’appliquer au pilotage!

Mais attention, ceci est juste une vulgarisation très simplifiée de certains concepts de neuroscience.

Ce n’est en aucun cas un article scientifique!

 
Malgré un début peu prometteur avec la nouvelle édition, actuellement de nouveaux pilotes s’essayent à X-Wing V2.
Ce sont de jeunes recrues et aussi des vétérans qui reviennent aux commandes de leurs vaisseaux!
Et c’est tant mieux car petit à petit la communauté s’agrandit ce qui montre bien le succès de cette deuxième édition!
 
D’ ailleurs avec cette version 2.0, c’est la fin pour le moment des escadres automatiques de la V1.
Et donc que le pilotage et la tactique sont de retour!!!
 
Or même si on est un bon pilote et que notre escadron est très fort, on peut perdre tous ses combats...
 
Souvent on blâme les dés, donc la chance, pour une défaite sans aller plus loin.
Moi le premier!
 
 
Il est vrai que la chance influe sur X-Wing puisque on lance des dés mais ce n’est pas suffisant pour gagner ou perdre.
Par contre, cela peut être intéressant de savoir lancer ses dés!
 
 
 
Certains pilotes de la bordure extérieure froide disent que les dés sont des êtres malveillants alors qu’ils ne sont que le reflet de nos décisions.
 
Classiquement, les dés représentent 1/3 de la victoire, le reste se distribue entre le type d’escadron et le pilotage.
 
Vous pouvez lire et écouter de très bons articles concernant les dés et vous former votre opinion.
 
 
 
  
Mais pourquoi croire qu’on perd à cause des dés?
Pourquoi croire que la cause sont des éléments qui échappent à notre contrôle?
 
C’est cette croyance que j’appelle un biais cognitif!
 

Définition:

Un biais cognitif est une distorsion dans le traitement cognitif d'une information.
Oui mais encore!?!?
 
Le terme biais fait référence à une déviation systématique de la pensée logique et rationnelle par rapport à la réalité.
 
Cela s’applique à tous les domaines du quotidien mais on va se concentrer sur X-Wing.
Lorsque je perds une partie ou même un tournoi et que je blâme les dés, j’ai vraiment l’impression que c’est vrai!!!
 
Mais j’oublie que je n’ai pas eu de jeton de concentration pour la défense ou que je n’ai jamais réussi à sortir des arcs de tir de mon adversaire!
 
En fait je suis victime de mon cerveau car il s'agit d’un raccourci de pensée que nos cellules grises adorent emprunter pour gagner du temps.
 

Pourquoi notre cerveau veut gagner du temps?

Pour économiser de l'énergie mentale nécessaire pour raisonner, comparer, soupeser… et décider en toute lucidité.
 
Donc, il est plus simple de dire que j’ai perdu à cause des dés ou qu’il est impossible de battre cet escadron plutôt que de réfléchir aux causes de ma défaite.
 
Et cela malgré les éléments qui prouvent le contraire!
Comme lors du dernier open UK gagné par un escadron composé de seulement 2 vaisseaux alors que le méta-jeu est en faveur d'escadres d’au moins 4 vaisseaux!
 

Le cerveau joue aux dés!

La plupart du temps, ces biais décisionnels sont très utiles dans notre quotidien pour décider vite et bien.
Ils proposent, en effet, des chemins neuronaux déjà connus pour répondre efficacement à l'incertitude et aux différentes options qui s'offrent à nous. 
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Le cerveau est une machine à faire des probabilités et des prévisions. 
Il ne cesse de jouer aux dés!!! 
Hé oui c’est comme ça!
 
En fait, pour se faciliter le travail, le cerveau a recours à ces biais qui lui permettent de réagir face à des situations connues. 
 
Cela explique que certains pilotes jouent très vite les premiers tours ou qu’on se sente très à l’aise avec une liste qu’on a beaucoup joué!
 

Sauf que le cerveau peut se tromper!

Car ces raccourcis neuronaux sont gérés par un régime de pensée "automatique", baptisé système 1 (S1) qui est rapide, intuitif, émotionnel.
S1 ne se donne pas toujours la peine de vérifier ses hypothèses et ses associations approximatives. 
 
Ça, c'est le travail du système 2 (S2), le mode de pensée adaptatif, autrement dit celui qui réfléchit, déduit, programme, invente... mais qui est aussi plus lent et gros consommateur d'énergie.
 
Le S1 "travaille" pour le S2 en lui fournissant des solutions toutes faites.
S'il ne valide pas ces solutions, S2 reprend la main, ce qui demande à nos neurones beaucoup d'effort, de temps et d'énergie.
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Vous avez suivi ? 
 La plupart des erreurs de jugement trouvent leur source dans une mauvaise délégation entre S1 et S2.
 
En dehors des situations d'urgence, le S2 contrôle ce que fait le S1.
 
Mais sa vigilance est parfois en défaut. 
Et le cerveau étant prospectif et interprétatif, il s'appuie sur nos croyances et attentes qui faussent nos perceptions et appréciations de la réalité.
 
Lorsqu'il n'a sous la main que des informations parcellaires, S2 n'hésite pas à boucher les trous, d'où les conclusions hâtives et les stéréotypes. 
Confronté au hasard, le cerveau s'invente même des relations de causalité, créant des déterminismes là où il n'y en a pas.
 
Et donc, on commet des erreurs de jugement tout en rejetant la faute sur des éléments hors de notre contrôle comme les dés ou qu’une escadre est trop forte!!!
  

Mais est-il possible de contourner ces biais cognitifs?

Assurément.
On ne peut pas déraciner les biais. 
Mais on peut prendre conscience de leur existence et forcer le cerveau à basculer du système automatique vers le système rationnel.
 
Diverses stratégies permettent d'empêcher le cerveau à recourir trop vite à ses biais:
1 - L’entraînement
C'est le pilier!
Il faut aussi en profiter pour discuter avec son adversaire pour analyser ses erreurs. 
Cela implique de partager avec d’autres pilotes et c’est toujours une bonne chose.
 
2 - Connaître son escadre sur le bout des doigts!
"Lire les cartes c'est fort!"
On oublie souvent les interactions de nos cartes par manque de connaissance!
Plus on connait bien ses cartes et moins souvent on oubliera de faire telle ou telle action!
 
3 - Etre en forme pour jouer!
Surtout avant un tournoi et éviter les stimulants en excès! 
Oui c’est à toi qui boit du RedBull à longueur de tournoi que je parle!
Et en plus, jouer tout en étant fatigué enlève du plaisir au pilotage. 
 
 Prendre une compo qu’on ne connaît pas même si elle est très efficace et être fatigué sont les meilleurs ingrédients pour rater son match!
 
4 - Le visionnage
Le fait de regarder des parties avec des escadrons similaires au nôtre.
Cela permet de voir le déploiement, le type d'obstacles choisir.
On peut aussi voir comment les autres gérer certaines situations difficiles.
 
5 - Piloter le même escadron le plus souvent possible
Surement l'élément le plus important qui est de piloter le plus possible la même escadre ou variante.
On acquiert rapidement des automatismes et on apprend les points forts et faibles de ses vaisseaux.
Nous avons tous vu certains pilotes de renom aux commandes des mêmes vaisseaux combat après combat!
Ce n'est pas pour rien!
 

Conclusion:

 
Même si on ne peut échapper à nos biais cognitifs et qu'il est plus simple de renvoyer la faute sur nos dés, suivre ces conseils permettent une meilleure connexion entre S1 et S2.
Une meilleure connexion de ces deux systèmes demandera moins d’énergie à notre cerveau.
Si notre cerveau demande moins d'énergie, on pourra mieux tenir les 5 à 6 rondes de la journée du tournoi!
Et si vous ne faîtes pas de tournoi, vous prendrez plus de plaisir avec le pilotage!
 
Toutes ces recommendations semblent évidentes mais parfois on les oublie vite!
Et comprendre comment les choses se déroulent dans notre caboche est toujours un plus!
 
C'est aussi pour ça que certains pilotes sont lents afin de mieux réfléchir et d'éviter les erreurs.
Soyez tolérant lorsque votre adversaire met plus de temps lors d'un tour, c'est peut être le tournant de la partie pour lui!
 
Voilà comment les neurosciences nous aident à comprendre pourquoi il est utile de piloter souvent le même escadron mais surtout de réfléchir aux erreurs commises et d’apprendre des dernières!
 
Merci d'avoir tout lu et j'espère que cela n'était pas trop aride. 
 
Bonne lecture et bon vol!
 
Pour en savoir plus sur les biais cognitifs:
Décider en toute connaissance de soiNeurosciences et décision (Odile Jacob, 2014) du Pr Philippe Damier.
 


07/07/2019
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